Votre accouchement, avec ou sans péridurale ?

Coucou gens !

Est-ce que tu sais qu’il y a une question qui fait partie des classiques quand tu es enceinte ?

« Tu prendras la péridurale ou pas ? »

Question difficile à appréhender quand on est pas encore passé à la casserole. C’est vrai, on a tous entendu des histoires sur les douleurs de l’accouchement qui seraient terribles, des images de femmes hurlantes et tout ca… Sauf qu’il existe aussi des femmes qui trouvent que ce n’est justement pas si terrible. Alors quoi ? Qui peut dire avant d’y passer qu’elle est sure de vouloir la péridurale ?

En ce qui me concerne, l’idée de me faire piquer dans la colonne me faisait plutôt frémir. Du coup, ma réponse à cette question récurrente était :

« Si je peux, je fais sans, mais on verra bien le moment venu… »

Avec cette double certitude : un premier accouchement, c’est long, et on peut se décider jusqu’à 8 cm d’ouverture du col. Donc… J’aurais largement le temps de changer d’avis.

Le jour venu, j’ai eu ma première contraction à minuit et demie. Enfin, sur le coup, je n’étais pas sure que c’en était une, je pensais plutôt à une douleur de mes disques dorsaux qui me titillent dès que je suis mal couchée. Et puis ca a remis ca à 1 h 30. Et puis à 3 h… Et puis à 5 h… Okaaaaaay, je vais avoir les contractions dans le dos ! Bon… Je vais survivre, après tout… Je suis restée plusieurs mois avec le dos douloureux, pourquoi je ne tiendrais pas quelques heures comme ca ?

Deux heures plus tard, je n’en était plus si sure. J’ai essayé le ballon, les massages par Pokemon – venu au pied levé dès que je lui ai dit qu’on était dans le travail – , se suspendre, s’appuyer, respirer, ne pas respirer… Rien ne parvenait à soulager la douleur. A part éventuellement marcher. C’est génial de se lever et faire les 100 pas toutes les cinq minutes, surtout en pleine conversation avec Pokemon.

Finalement, à 10 h et 3 cm, j’ai accepté l’offre de la sage-femme et me suis plongée avec délectation dans la baignoire chaude.
Un conseil : si ta sage-femme te propose la baignoire, dit oui. Le fait d’être dans l’eau chaude, ca soulage. Un moment. Mais après, ca recommence…

A 11 h , j’ai commencé à considérer sérieusement la péridurale. La sage-femme m’a garanti qu’il ne s’agissait que d’un antalgique et qu’on restait consciente des contractions, de la sensation de poussée et du passage de la tête. Mmmm… moi qui ne voulait pas en perdre une miette, c’est bon à savoir.

A 11 h 30 et 4cm, la poche a éclaté, on est donc passés en salle de travail.
Sache une chose : une fois perdues les eaux, les contractions sont plus douloureuses parce le liquide amniotique n’est plus là pour faire amortisseur.

APPELEZ L’ANESTHESIIIIIISTE !

J’avoue, j’ai craqué. Non que la douleur ait été insupportable à ce moment là, mais je craignais pour mes lombaires déjà fragiles. Donc j’ai anticipé.
A noter : les anti-douleurs sont plus efficaces au début desdites douleurs. Plus la douleur est importante, plus il peut être difficile de la « rattraper » avec les produits.

a 12h et toujours 4cm, l’anesthésiste a posé la péridurale. C’est pas si terrible, et l’antalgie a été rapide, même très rapide. Peut être trop rapide…

A 14 h et 5 cm, je commençais à perdre le contrôle de mes jambes. Ca fait rire au début : ne plus pouvoir bouger que ses chevilles, c’est une sensation qu’on n’a pas souvent l’occasion d’expérimenter. Mais quand tu te rends compte que tu ne peux plus soulever le bassin sans aide et que tes pieds ne restent pas en place quand on te replie les jambes, tu rigoles moins.
Pire, quand tes contractions ne sont plus qu’un souvenir lointain et que tu te rends compte que contracter tes abdo relève de l’utopie, tu commences à flipper ta mémé.

L’infirmière anesthésiste a commencé à réduire le dosage de l’antalgique sans grand succès. Le médecin anesthésiste a donc été appelé à la rescousse et a pris la décision de stopper totalement la perfusion à 15 h 30.
Mais que s’est-il passé ? On peut, très rarement apparemment, faire une hyper-réaction à l’antalgique et faire ce qu’ils appellent un bloc-moteur : je me suis retrouvée bien paralysée en-dessous de la ceinture. Bah voyons ! Les trucs rares, c’est forcément pour moi…

why

S’est ensuivi alors la longue attente du retour de mes sens. Mes jambes sont revenus sous mon contrôle à 18 h. Oui, tu lis bien : il m’a fallu 2 h 30 pour récupérer la motricité de mes jambes. C’est LONG ! Tu as bien le temps de te faire des mélodrames dans l’intervalle !

Et si je reste paralysée ? Après tout ca arrive ! Comment je vais faire ? Il me faudra une nouvelle voiture ! Est-ce que je colle un procès à l’hopital ? Après tout, ca marche dans Grey’s Anatomy… Et dans Suits… Enfin au moins, ca sera plus facile pour toucher mes pieds… Championne de souplesse. Hahaha. Nan c’est pas drôle en fait… Nan mais ca va revenir… Mais si ca revient pas ? Et bien sur on n’a pas de Dr House dans le coin…

Ok, faut que j’arrête les séries télé…

A 18 h 30, la sage-femme a voulu voir si et comment j’arrivais à pousser. N’ayant toujours pas retrouvé mes sensations ni le contrôle de mes abdominaux, j’ai suivi ses indications. Et puis un peu plus tard, on s’est lancé… Miraculeusement, j’ai retrouvé mes sens pour les 5 contractions qui ont été nécessaires pour donner naissance à Elephapotame à 19 h 06. Sans la douleur.

Tout est bien qui fini bien ! (mais j’ai eu bien le temps de flipper jusque là !)

Enfin presque, puisqu’il y a un épilogue : tout fatigué de ses 18 h de travail et assommé d’antalgiques, mon utérus a eu du mal à expulser tout ce qui restait après que Elephapotame ait vidé les lieux. J’ai donc eu droit à une révison utérine. Qui se fait sous anesthésie. Le médecin anesthésiste a donc injecté un nouveau produit dans la péridurale.
Sauf que mon organisme, saturé de molécules, ne l’entendait pas de cette oreille et a refusé de réagir, le bougre ! Avec ma bénédiction, le gynécologue a donc procédé à la révision… Crois moi : ca ne fait pas du bien !

Bon mine de rien, je garde un bon souvenir de l’accouchement, puisque j’ai senti la naissance d’Elephapotame sans subir la douleur. Le reste n’est qu’anecdotique 🙂 on oublie vite les désagréments quand on te met ton enfant dans les bras !

Bizoux à toi, gens !

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