Les Morues – Titiou Lecoq

Coucou gens !

Ca va, tu roules bien ? Le mois de mai est déjà terminé, dit donc… Je ne l’ai pas vu passer, pour changer… Et tu sais quoi ? Aujourd’hui, c’est la fête des mères ! Ma première en tant que Maman moi-même ! Trop d’émotion, j’ai même eu droit à un petit cadeau réalisé par la Nounou, avec le concours des pieds d’Elephapotame.

Mais là, je ne vais pas de parler de joies maternelles, je vais te parler d’un bouquin. Une lecture commune proposée par le forum Accros et Mordus : Les Morues de Titiou Lecoq. Sur le papier, ca a l’air sympa :

C’est l’histoire des Morues, trois filles – Ema, Gabrielle et Alice – et un garçon – Fred –, trentenaires féministes pris dans leurs turpitudes amoureuses et professionnelles. Un livre qui commence par un hommage à Kurt Cobain, continue comme un polar, vous happe comme un thriller de journalisme politique, dévoile les dessous de la privatisation des services publics et s’achève finalement sur le roman de comment on s’aime et on se désire, en France, à l’ère de l’Internet. C’est le roman d’une époque, la nôtre.

les-morues-titiou-lecocqMais au final… Je ne suis pas fan du style, pas fan des personnages, pas fan de l’histoire qui est finalement un formidable fourre tout…

D’abord, et peut être parce que j’ai été éduquée à coup de Comtesse de Ségur, j’ai vraiment du mal avec la vulgarité du langage employé dans le roman. Si encore c’était le langage des personnages… Mais non, c’est bien et très présent dans la narration. Même si cela relève en grande partie du point de vue employé par l’auteure, ca me gène profondément.

Ensuite, concernant l’histoire.
Je ne vois pas DU TOUT ce que Kurt Cobain vient faire là dedans… En effet, pourquoi mettre ca en avant sur le 4eme de couv, comme un hommage en plus (WTF ??? ) ca me dépasse… Bon, ca, c’est le fait de l’éditeur, pas de l’auteure.
Le thriller politique est inexistant. Il n’y a en effet aucun suspens, aucun sentiment de menace, pas vraiment de politique d’ailleurs, et à part une analyse intéressante menée par le personnage de Fred, c’est d’une inutilité totale, si ce n’est un prétexte pour l’enquête. Enfin… L’enquête…
Cette enquête policière est une vaste blague… Il n’y a aucune enquête. Enfin si, deux des personnages font des recherches, comme ca, histoire de. Sans vraiment pousser – cela dit, ce n’est pas leur métier, et la stérilité de leurs efforts est un point à mettre au crédit de l’auteure : faut pas déconner, on ne s’improvise pas journaliste d’investigation/enqueteur chevronné du jour au lendemain. Cependant, j’ai été un peu désenchantée de cette honnêteté par la facilité tout aussi suspecte avec laquelle les protagonistes obtiennent leurs indices pour qu’on connaisse finalement le fin mot de l’histoire de Charlotte. Je crois que j’aurais préféré que les choses restent dans le flou le plus total…

La notion d’amour, du « comment on s’aime et se désire » – en France ou ailleurs, quel intérêt ? – est tout aussi lamentable, puisqu’au final on n’explore réellement qu’une facon d’aborder la relation de couple, c’est celle d’Ema, forcément faussée par ailleurs du fait de la situation psychologique instable du personnage. Pour les autres… Ce sont plus des histoires de fantasmes (Fred) ou des survols des autres couples (Charlotte, Alice, Gabrielle) sans réelle analyse, et en plus dans un cas, impossible pour le lecteur de s’y identifier.

Dernier point mis en avant par le 4eme de couv, c’est le volet sociétal, entre instantané des trentenaires et féminisme.
Autant vous dire qu’en tant que trentenaire, je ne me suis pas DU TOUT reconnue là dedans… Ou alors ca s’adresse aux fameux bobo chics parisiens, destiné à une élite que moi, pauvre provinciale, ne peut donc pas saisir. Il y a là dedans un goût d’élitisme qui m’a rendu les personnages – notamment Ema – passablement antipathiques… Même Fred, potentiellement le plus attachant, m’insupporte avec ses obsessions (bon le fait que mon ex ait le même prénom et le même fantasme n’a surement pas aidé…) et ses atermoiements de pauvre petit génie trop intelligent pour accepter la vie banale des moutons moins bien dotés intellectuellement… Nouvel élitisme – limite insultant – qui exclu d’entrée le commun des mortels au QI malheureusement moyen et qui ne peut donc pas s’identifier…
Quant au féminisme, j’ai bien lolé. Je n’ai rien vu de tel dans ce livre, si ce n’est en effet un féminisme de comptoir sans saveur. Il n’y a pas d’analyse, seulement des « vérités », des lieux communs, des clichés assénées par les Morues à grands coups de vodka – faisant douter même de leur crédibilité. On devrait donc en tout cas conclure que le féminisme, c’est ca : des nanas alcooliques dans un bar qui enchainent les shots en débitant des niaiseries de magasines… Ca vend du rêve… En tout cas, oui, c’est un pas vers l’égalité homme-femme, mais je ne crois pas que ca en soit le meilleur volet…

Finalement, il n’y a que deux choses que j’ai apprécié dans le livre :
– la critique d’internet et des relations qui s’y font, que j’ai trouvé intéressante, argumentée, et j’ai eu l’impression que ca, au moins, l’auteure maitrisait.
– l’ébauche de discussion sur la prostitution qui augurait un dialogue passionnant et qui a malheureusement fini en eau de boudin totalement décevant et qui finalement résume bien Les Morues : beaucoup – trop – d’idées qui auraient pu être intéressantes mais qui tombent à plat d’être traitées superficiellement…

Voila voila ! Si tu l’as lu et que tu veux donner ton avis, n’hésite pas !

Bizou gens !

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